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Poème et douceur de la langue française

février 12th, 2010 Posté dans Humour

Il m’arrive assez souvent, dans le cadre de mes déplacements et de mes très longues journées de travail, de me retrouver dans des lieux parfois incongrus : salle de serveur exiguë au dessus d’une climatisation réglée en mode Sibérie du nord, grande et belle salle de réunion dans un luxueux hôtel pour une formation réseaux sans connexion internet, j’ai même testé le TGV en rase campagne avec usagers atteints de Rhonchopathie Chronique…

Croyez-moi, ma vie n’est pas toujours rose ! Toutefois, le lieu objet de ce billet n’avait a priori rien de particulier jusqu’à ce que mon regard s’arrête sur un texte accroché à la porte. Je vous laisse deviner cet endroit mystère en lisant ces quelques lignes d’un auteur très connu que je n’avais jamais encore lu si inspiré :

Vous qui venez ici dans une humble posture
De vos flancs alourdis décharger le fardeau
Veuillez quand vous aurez soulagé la nature
Et déposé dans l’urne un modeste cadeau
Épancher dans l’amphore un courant d’onde pure
Et sur l’autel fumant placer pour chapiteau
Le couvercle arrondi dont l’auguste jointure
Aux parfums indiscrets doit servir de tombeau.

Alfred de Musset (vous avez bien lu !)

Vous comprenez maintenant aisément mon intense moment de bonheur face à des alexandrins si hygiéniques ! Quand la nature reprend ses droits, la poésie est… libérée ! Si les poèmes vus tout au long de mon parcours scolaire avaient été de cette stature, il m’aurait fallu bien moins d’efforts pour apprécier la langue française et sa si subtile grammaire.

Messieurs et Mesdames les professeurs de français, il n’y a pas que l’amour en poésie…

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